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jeudi 27 août 2009

Tous contre l’extrémisme pour une Mauritanie stable et prospère‏












Tous contre l’extrémisme pour une Mauritanie stable et prospère

Comme tout mauritanien soucieux de la stabilité et du développement de son pays, mon entendement me dicte de répondre à l’appel du président de la république SEM. Mohamed Ould Abdel Aziz. Un appel destiné à tous les fils du pays pour mener une lutte ensemble, directement ou indirectement, contre l’extrémisme qui sévit dans notre pays.

Il convient de considérer que c’est un devoir pour chacun d’entre nous de ranger toutes les considération d’ordre social ou politique au placard et de s’évertuer à mettre tout en œuvre ,sans épargner aucun effort, pour relever le défi de ce phénomène très préoccupant et menaçant pour toute la population.

Force est de constater que l’unanimité est quasi-universelle quant a son rejet comme mode d’expression ou de revendication politique. Cependant , il n’en demeure pas moins vrai que le terrorisme existe, qu’il persiste et continue malheureusement à endeuiller de nombreuses familles innocentes.

L’exemple le plus frappant fut l’américain qui a été enlevé devant son lieu de travail à Nouakchott, la capitale. Ce danger est réel et il serait sage d’en prendre des mesures draconiennes pour le contrecarrer dans notre pays. Mais, force est de signaler aussi que ce phénomène apparaît aujourd’hui comme le symptôme d’une société malade de ses injustices, de ses disparités et de ses exclusions rendant une partie de la population, du fait de son extrême pauvreté, dans l’incapacité de jouer pleinement son rôle de citoyenneté.

Je voudrais évoquer ici que la démocratie va de pair avec un certain niveau de vie. C’est par la promotion de l’économie et le souci de satisfaction des besoins fondamentaux de la population que les conditions de la démocratie seront rendues possibles et les inégalités de richesse pourront être réduites peu à peu.

Des inégalités que l’ancien régime, qui a dirigé les affaires du pays pendant une vingtaine d’années, n’a pas voulu réduire dans l’unique et aveugle objectif de garder sa puissance et maintenir sa dictature corrompue pour piller les richesses du pays.

En fait, c’est cette politique d’inégale répartition des richesses économiques qui a favorisé davantage l’existence de bidonvilles géantes habitées par les sans abri, et l’émergence d’une jeunesse frustrée en mal d’être, de devenir et en défaut d’avenir.

Dans ce contexte le terrorisme ne peut qu’y faire son lit. Heureusement ce phénomène n’est pas encore ancré dans nos traditions qui rejettent entièrement ce genre de pratiques, et on peut le combattre si la situation sociale ne demeure pas statique.

Des mesures opportunes, fortes, mais surtout diligentes doivent donc être adoptées par le nouveau gouvernement mis en place par le président de la république SEM Mohamed Ould Abdel Aziz, pour contrecarrer ce fléau a sa base. Pour ce fait j’apporte ma contribution en proposant les mesures suivantes.


- Promouvoir une politique d’intégration sérieuse, complète dans chaque périphérie et dans chaque quartier .


- Promouvoir l’instruction civique et la prévention contre la drogue, la délinquance et toutes les formes d’inegalités sociales.


- Promouvoir une politique de développement contre la faim et la misère dans le pays.


- Exhorter les imams à mener une campagne contre l’extrémisme chez les jeunes.


- Mettre en place une politique de fermeté vis-à-vis des extrémistes et endiguer l’influence des islamistes chez les jeunes.


- Faire profiter ces derniers de la création d’emplois et de grands projets d’avenir .

Ahmed Ould Jafar
Washington,DC
saleckjafar@gmail.

mercredi 19 août 2009

Comment les tenants du racisme d'État préparent l'assassinat politique d'Ibrahim Moctar SARR ?

Ce plan n'a pas manqué de charmer certaines âmes. Je dis à ces derniers de bien réfléchir. vous vous êtes trompés de cible! Comme le disait Alain Touraine: «une société qui ne pense pas s'enfonce dans la décadence". Penser, c'est réfléchir sur les circonstances qui ont conduit le pays dans cet abîme.



Comment les tenants du racisme d'État préparent l'assassinat politique d'Ibrahim Moctar SARR?
Depuis l'élection présidentielle de 2007, l'ancien candidat du Mouvement de Réconciliation Nationale, devenu depuis président de l'A.J.D/MR suscite un regard particulier de la part des féodaux et des animateurs de l'idéologie d'une Mauritanie pan- arabiste.

L'irruption du phénomène SARR n’a pas été du goût de ces derniers mais fut surtout une surprise faussant tous les calculs et les prévisions habituels.

On a toujours prétendu que les négro-mauritaniens sont minoritaires dans ce pays et qu'ils doivent jouer les seconds rôles sur le plan économique ou politique. C'est la raison d’être de tous les schémas mis en place afin de réduire leur rayon d'action: politique de quota, découpage électoral antidémocratique, bref tout ce que le pays a connu comme politique de racialisation administrative et culturelle. Cette politique vient d'être bouleversée par les actions de SARR.

Pris de vitesse, les idéologues du chauvinisme d'Etat, en colaboration avec des féodaux négro-africains vont se concerter pour limiter les dégâts, c'est dans ce but qu'un plan d'assassinat politique est élaboré. Ce plan se structure comme suit:

Banaliser SARR, le marginaliser, le présenter comme un candidat identitaire et réduire sa visibilité médiatique.

Tout a commencé avec les différentes interprétations du score de SARR lors des élections présidentielles de 2007. La classe politique mauritanienne s'est empressée de déclarer dans tous les médias qu'il s'agissait d'un vote identitaire spontané, d'un mouvement d'humeur ou d'un vote de circonstance sans une réelle portée significative . Or on oublie que durant ces élections, aucun arabe ou peu ont voté pour lui c'est d'ailleurs le cas pour cette fois-ci encore, alors que lui même était battu dans la Vallée par Sidi Ould cheikh Abdallahi et que tous les autres candidats potentiels arabes (Ould Daddah, Ould Maouloud, Ould Haidallah) ont bénéficié du vote négro-africain. Ce vote négro-africain a profité à tous les grands candidats mais l’inverse n’a pas eu lieu en faveur de SARR. Si le candidat du Mouvement de la Réconciliation Nationale avait bénéficié d’un vote identitaire, il aurait obtenu plus de 40%.

Jusque-là l'intelligentsia néo-conservateurs oublie que lorsque la culture négro-africaine a été bâillonnée et que tous les canaux officiels de sa littérature ont été obstrués dans les années quatre-vingt, il ne nous restait que les poèmes de SARR comme outil d'éveil culturel et de vocation. C'est cette expression qui s'est déployée sur le terrain politique pour crédibiliser sa démarche de militant et de responsable politique.

Il a fallu des mois durant et la pression d'autres responsables de partis politiques pour qu’enfin le président Sidi daigne recevoir Ibrahim Moctar SARR prétextant à chaque fois des aléas d’agenda.

En réalité la tactique était ailleurs. Ses conseillers occultes, l'avaient mis en garde déconseillé de rencontrer SARR pour éviter d'en faire un interlocuteur valable, ce qui renforcerait par la même son crédit auprès des populations négro-africaines et en ferait un leader politique incontournable qui pèsera sur la scène politique. Or jusque là, la ligne politique de tous les régimes successifs en Mauritanie veillait à empêcher l'émergence de toute force négro-africaine qui nuirait à ses intérêts vitaux. C'est pourquoi le parti de SARR n'a même pas été associé aux opérations de retour des déportés pour qu’il ne s'en approprie aucun bénéfice politique.

Vider le contenu de sa ligne politique.

Cela veut dire aller sur son propre terrain, en utilisant son langage, sa démarche et fausser l'objectif. Si pour certains le retour des réfugiés s'inscrit dans une mission humanitaire et de justice d'autres n’y voient qu’une possibilité de tarir le discours de certains leaders négro-africains en coupant court à cette théorie qui n'a que trop duré. Il faut les ramener mais pour ce qui est de l'insertion, on verra après! "Tant qu'ils resteront à l'extérieur, Ibrahim Moctar SARR et les autres nationalistes négro-africains auront toujours de quoi nourrir leur politique ».

C'est dans ce cadre que s'inscrit le discours que le Général Abdel Aziz a prononcé à kaedi dans le cadre de la résolution du passif humanitaire .Cette stratégie a bien montré son efficacité durant les élections du 18 juillet dernier. Alors que la question est loin d’être réglée. En effet, régler le passif humanitaire suppose d’abord que l’on fasse la lumière sur les crimes commis, que justice soit rendue, que les victimes connaissent la vérité, seulement après le pardon peut être demandé après une juste indemnisation des ayants-droits. Ce pardon ne s’extorque pas : il se demande ; et les victimes et/ou ayants-droits sont libres de l’accorder ou non. Point n’est besoin de forcer ces victimes, à coup de millions, pour qu’ils pardonnent : il ne s’agira pas d’un pardon volontaire mais suscité voire forcé, ce qui, aux yeux de la religion musulmane n’est pas valable. Plutôt que d’avoir peur de la justice des humains, justice faillible, l’on devrait penser à la justice divine implacable surtout dans un République Islamique comme celle de la Mauritanie. Nous savons tous comment s'est opéré le bricolage de Kaédi.

Si la problématique du passif humanitaire continue d’entretenir les passions c'est parce qu’il ya des hommes et des femmes qui en ont fait une question de principe qui tiennent à un règlement loin de toute démarche démagogique. Ibrahim SARR est le premier député à la poser au sein de l'Assemblée Nationale devant le premier ministre de l'époque, Cheikh Ould Avia. Le lendemain, le parti Action Pour le Changement sera dissout. Avec le Président SARR, c'est la politique par la preuve et non par les calomnies et les dénigrements qui priment.

Réveiller la féodalité négro-africaine, créer une fronde en la finançant.

J'ai toujours considéré que la problématique de la féodalité nous rattrapera un jour. En refusant le débat politique sur cette question ou en feignant de l’ignorer, les politiques négro-africains ont commis et continuent de commettre une erreur majeure dans leur appréciation de la réalité politique mauritanienne. Il suffit d'en parler pour être taxé de complexé !

Dans les années soixante, lorsque certains nationalistes négro-africains ont posé la question de la cohabitation, ils ont été accusés de nationalistes étroits et de tous les noms d'oiseaux. La question était considérée comme un problème secondaire et que la préoccupation fondamentale devra être la lutte contre l'impérialisme occidental disaient les jeunes marxistes mauritaniens. On connaît la suite.

Certaines personnes hostiles au président SARR n'ont pas hésité à utiliser la caste pour prouver la rigueur de leurs arguments. Il suffit qu'un SARR ou qu'un Wade soit responsable de quoi que ce soit dans le parti pour que cela puisse être considéré comme une volonté du président du parti de favoriser sa famille. Pourtant aux Etats-Unis la famille BUSH milite dans le même parti; Jean Sarkozy est aujourd’hui Conseiller Général dans les Hauts-de-Seine et responsable politique dans le parti de son père; que dire de Claude Chirac qui était responsable de la communication de son père !

Certains sont allés même jusqu’à pousser un fou lors d'un meeting à Boghé pendant la campagne de 2007, en lui signifiant de clamer devant toute la population en liesse qu’"un pêcheur n'a pas le droit de nous diriger".

C'est sur ces divisions que TAYA surfait en favorisant la multiplication des associations pour empêcher toute émergence d’une force négro-africaine capable de rivaliser avec les autres composantes nationales.

Aujourd'hui, cette méthode est entretenue par un colonel négro-africain, responsable de la sécurité du Général Aziz et qui finance les opérations de déstabilisation de l' A.J.D/MR .

Le présenter comme un corrompu et s'attaquer à sa vie privée.

Dans cette opération de déstabilisation de SARR, tous les moyens sont bons pourvu que le but soit atteint. C'est au tour du lobby néo-conservateurs et les chantres du racisme d'État de sortir du bois avec une grosse artillerie médiatique: Taquadoumy. Ce site financé et animé par les mouvements baathiste , nassériste l'organisation séparatiste conscience et résistance n'a jamais été tendre avec le président de l'A.J.D/MR. A chaque fois qu'il évoque notre parti c'est souvent dans le but de l'affaiblir. Le point culminant fut atteint dernièrement avec des accusations mal fondées, sans aucune preuve, à propos d’une prétendue malversation financière. Mais nous ne nous laisserons pas faire, la justice pourra clarifier cette affaire et nous y tenons fermement. Et d'ailleurs depuis le début du procès , nous constatons en réalité que c'est tous les tenants du système de domination avec certains négro-africain inconscients( des soi-disants évolué ou petits démocrates) qui étaient derrière cette entreprise: UFP, conscience et résistence, RFD, FNDD et tout le complexe militaro-industriel. Ibrahima Mokhtar Sarr est entrain de nous montrer le visage hideux de ce qu'il nous est convenu d'appeler l'État raciste et oppresseur avec ses petits nègre de service.

A travers le procès du journaliste Hanafi, c'est tout en système qui est mis sur le banc des accusés. Et son intérêt réside dans le fait que pour la première fois la justice mauritanienne a accepté de se pencher sur le cas d'un négro-africain dans ce pays. C'est de là qu'iIbrahima Mokhtar Sarr crée une rupture épistèmologique dans notre manière de faire de la politique. Désormais nous pourrons porter plainte dans notre pays!

Susciter une candidature d'un poids lourd négro-africain.

L'insuffisance des moyens utilisés contre le président SARR conduisent les inspirateurs du plan de sa liquidation politique à mettre en œuvre une autre stratégie: provoquer une candidature d'un poids lourd négro-africain quitte à le débaucher dans un autre parti politique.

L'objectif dans cette optique : diviser l'électorat négro-africain et l'empêcher à tout prix de se reporter sur le candidat de l'unité nationale.

Que faire maintenant ?

Ce plan n'a pas manqué de charmer certaines âmes. Je dis à ces derniers de bien réfléchir. vous vous êtes trompés de cible! Comme le disait Alain Touraine: «une société qui ne pense pas s'enfonce dans la décadence". Penser, c'est réfléchir sur les circonstances qui ont conduit le pays dans cet abîme.

Le problème que nous vivons en Mauritanie n'est pas institutionnel, c’est un problème de cohabitation.

Parmi les hommes qui ont en fait leur cheval de bataille, il faut noter Ibrahim Moctar SARR. Cet homme a sacrifié toute sa vie, tout son avenir pour l'équité, pour l'égalité entre nos différentes communautés. C'est le seul leader politique qui n'a pas de maison. Il aurait pu faire comme beaucoup de responsables Mauritaniens: se taire, rejoindre le camp d'en face pour préserver ses intérêts mais il a préféré la pauvreté dans la dignité que de la richesse dans la douleur de l'injustice.

Son parcours suffit pour expliquer son projet de société. C’est ce que Machiavel a compris en conseillant de lire l'œuvre et l'histoire des grands hommes pour en tirer des leçons. "En étudiant le comportement des hommes, en analysant les causes de leurs échecs ou de leurs succès, il est possible, selon lui de dégager les principes sur lesquels pourra se fonder une action politique".

L'histoire d'Ibrahim Moctar SARR c'est cette phrase prononcée au Havre lors de son périple en France: " Si vous pensez que votre vote me serait utile ne votez pas pour moi, si vous pensez au contraire qu’il serait utile pour toute la communauté mauritanienne, donc, je vous demande de voter pour moi". Ainsi sont faits les grands hommes, altruistes déterminés, convaincus et toujours prêts à se servir de leur personne pour servir le peuple.

Maître chien.

Serpent Maitre
maitreserpent@yahoo.fr

mardi 18 août 2009

Ould Aziz au pouvoir mais le système reste le même






Après tant d’attentes, le verdict a été rendu et le président ou le candidat des pauvres n’a pas fait mieux que ses prédécesseurs. On prend les mêmes et on maintient le système. L’espoir de voir notre président mettre un gouvernement d’union nationale s’envole. Il ne fera pas mieux que TAYA, ELY et SIDI. A ceux qui croyaient que OULD Aziz allait nommer un premier Ministre negro se sont trompés et dommage car pour une ième fois, nos frères Maures ont partagé les morceaux les plus viandés du pays et il n’est pas étonnant de voir un Noir aux Finances car c’est le seul moyen de garder les deniers publics. Je n’étais en aucun cas optimiste de voir Ould Aziz changer le destin des négros Mauritaniens. Les noirs n’ont rien compris. Le problème Mauritanien est complexe : primo entre les deux races et secundo le système. Ce problème aurait pu être dépassé depuis la nuit des temps mais est-ce-que les Maures sont prêts à acceptés et reconnaître que les noirs font bel et bien partie de cette Mauritanie Biraciale et multiethnique. D’entendre que notre président a obtenu 54% dans le GORGOL et GUIDIMAKA et après tout, former un gouvernement de ce genre n’est qu’une aberration. La communauté noire se retrouve avec 5 ministres et 2 secrétaires, c’est vraiment une honte pour notre démocratie. Qui représentera mieux les noirs qu’un noir ? Nous sommes marginalisés depuis notre indépendance, il faut qu’on se réveille et nous sommes tellement bernés que nous sommes devenus les fantômes de la République Islamique de la Mauritanie. La haine, l’envie d’exister par un titre de chef, de président d’une association, d’un clan et autres, finissons en avec car chacun d’entre nous a besoin de l’autre et nous ne pouvons jamais aller en avant si nous ne sommes pas unis. Il serait souhaitable et préférable que Kane Hamidou Baba et Sarr Ibrahima se retrouvent pour discuter afin d’être unis et indivisible, ce qui permettrait l’émergence d’un parti politique d’où les intérêts personnels seraient bannis. Nous sommes fatigués d’être les subalternes relégués au second plan dans notre propre pays. Il ne faut pas se voiler la face car le système restera tel qu’il est et demeurera ainsi pour toujours donc mes frères réveillons nous et utilisons toutes les pistes nécessaires pour changer le cours des événements en Mauritanie car notre avenir et l’avenir des générations futures y dépendent. Je ne suis pas un raciste mais un homme préoccupé par le sort réservé à sa communauté et je pense que si c’était l’inverse, tout maure philanthrope allait faire les mêmes revendications. PAIX pour LA Mauritanie et les Mauritaniens et justice pour tous. La lutte continue.





Aboubacry N’DIAYE

lundi 17 août 2009

Droit de réponse à Chowf, site électronique, prétendant être une presse d’information et d’analyse





Messieurs les rédacteurs de Chowf. Si votre souci comme prétendu , serait la recherche de la vérité , et d’œuvrer pour le progrès social, culturel et économique du pays, par l’instauration ou la restauration de l’unité nationale, entachée par trente années de régimes d’exception, cela relève de l’amalgame et de l’hypocrisie pour tout celui ou toute celle qui a fait connaissance de votre article lancé le 11 / 08 / 09 dans le site Cridem. En effet, vous parlez dans cet article , de l’identité arabo-musulmane du pays ; comme si la Mauritanie était de par sa population, exclusivement Arabe. Sachez, messieurs, qu’on ne peut pas parler d’unité nationale, en voulant ignorer la réalité pourtant saillante , qu’est le caractère indubitablement et inexorablement arabo-africain du pays.
La Mauritanie, qu’on le veuille ou non, qu’on le dise ou qu’on le taise, n’est ni globalement arabe de par la population, ni exclusivement ARABE de par la culture : au-delà de la frange arabo-berbère arabisante, il y a la frange francophone et la frange arabophone. La Mauritanie est biraciale (les arabo-berbères et les négro-mauritaniens). Elle est aussi africaine qu’arabe. Ni plus ni moins. Et puise sa sève nourricière en termes de paix , d’unité et de stabilité, dans sa diversité ethnique, raciale et linguistique qui constitue sa richesse.Quiconque cherche à escamoter ou à banaliser cet aspect vital du pays , ne saurait être que l’ennemi juré de ce pays , car faisant exhaler les relents d’un racisme qui ne sera qu’un souvenir à l’instar des régimes d’exception dans la Mauritanie nouvelle que veut construire Mohamed O/ Abdelaziz président de la République.La Mauritanie juste, prospère et égalitaire. La Mauritanie unie où tout un chacun se reconnaîtra et se sentira réellement citoyen à part entière de ce pays. De grâce, aidons le président à construire cette Mauritanie nouvelle ; non seulement par des actions conjuguées et pérennes, mais également par des propos et par des déclarations susceptibles de susciter l’élan patriotique et d’impulser une dynamique citoyenne.Si vous êtes sincères dans votre bataille pour l’unité nationale , vous devez alors dans un prochain article rectifier l’erreur commise ( l’identité arabo-musulmane ) . Si c’en est évidemment une erreur et si ce n’est un lapsus prémédité aux lieu et place duquel , vous écrirez : l’identité arabo-africaine musulmane.Je vous conseille d’être dorénavant plus prudents s’agissant des détails certes « petits » au vu mais combien lourds de révélations ; surtout que vous prétendez être une presse d’analyse. Raison qui doit vous amener donc à faire l’analyse de vos productions.En voie de conséquence et à chaque moment , pensez mille fois avant d’écrire et relisez mille fois avant de lancer dans le NET vos productions qui seront lues non seulement par des mauritaniens, mais aussi par des non-mauritaniens ; pour éviter respectivement des atteintes à la dignité humaine des uns et à leur honneur ; atteintes qui ne sauraient contribuer à la consolidation d’une vie paisible et harmonieuse d’une part, et d’autre part, de livrer aux autres de fausses images du pays, des clichés et des préjugés , ayant pour seul et réel soubassement, racisme et exclusion.Ce conseil est valable pour tout citoyen mauritanien, soucieux de l’avenir radieux du pays et qui œuvre pour la paix, la justice et la cohabitation fraternelle et intelligente des populations, de s’intérioriser la réalité du pays qui est : l’identité arabo-africaine de la Mauritanie.Parler de l’identité arabe du pays, relève du racisme blanc. Parler de l’identité négro-africaine, relève du racisme noir.Ni l’un , ni l’autre ne contribuent en rien à la culture de la paix et de la stabilité sociale du pays ; et doivent faire l’objet d’un combat quotidien de tout mauritanien sous l’ère Aziz, dont le souci majeur est de remettre sur les bons rails, la justice et la paix, facteurs de tout développement. Je terminerai par ceci : Le redressement est tout d’abord une conviction, ensuite c’est une ligne de conduite et enfin une volonté dites-vous. Quant à moi je dirai plutôt : la citoyenneté est d’abord une conviction ; c'est-à-dire l’obséquiosité au regard des autres ; ensuite c’est une ligne de conduite c'est-à-dire un comportement intelligent et conciliant avec les autres de par ses propos et enfin une volonté c'est-à-dire l’impulsion d’une dynamique de socialisation pour une Mauritanie nouvelle, chère à Mohamed O/ Abdel Aziz, président de la République.



Sall Mamadou Amadou
Directeur de l’école privée EL MOURABBI
El-Mina-------NOUAKCHOTT

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samedi 15 août 2009

A mon ami Amadou Alpha BÂ




Mr Ba Kassoum Sidiki(gauche), Mr Sy Hamdou Rabby (droite)


Tu t’exprimes en sujet libre et en politique. Tes opinions ont le mérite de la clarté. Tu as fait un choix, celui de défendre déjà un bilan dans une campagne électorale. Quant à moi j’explore encore et je n’ai pas tes certitudes. Je n’ai voulu ni forcer les traits ni entrer en louange. Je crois même que ton candidat Ould Abdel Aziz a une démarche louable, il veut réussir apparemment son entreprise de réforme de la gouvernance en Mauritanie. Mais l’expérience nous enseigne que des révolutions se transformèrent en réactions, en une régression et retournement des idéaux. Staline, Sékou Touré et leurs révolutions manquées précipitèrent leurs peuples. Notre propre histoire nous édifie. Ould Taya en est l’illustration. Voilà un chef d’état originaire d’Atar, la ville la plus métissée de Mauritanie ; on y croise des Bâ, des N’diaye, des Louis et des Michelle maures. La bonne société pensante considérait que l’arrivée d’un « libéral » dont les principaux amis sont noirs était un soulagement face aux accents engagés et tiers-mondistes de Ould Haïdallah. Nous connaissons la suite d’une politique qui fut ouvertement raciste. Le pouvoir de Ould Taya s’est particulièrement distingué par les crimes contre l’humanité dont il s’est rendu coupable. Pour autant je crois que Ould Abdel Aziz n’est pas dans ce registre. Il en est même loin si l’on s’en tient à ses engagements. Toutefois c’est dans ce qui sera accompli, dans l’œuvre porteuse de sens qu’un jugement pourra être fondé. Ce ne sera pas à partir de la transformation, qui fait souvent illusion, mais d’un développement ancré où toutes les humanités contribuent que Ould Abdel Aziz marquera son passage comme Président de la république.
BÂ Kassoum Sidiki par AVOMM.com

jeudi 13 août 2009

Contribution du capitaine Breyka Ould M’Bareck à l’incontournable débat sur la menace terroriste suite à l’attentat de Nouakchott



Contribution du capitaine Breyka Ould M’Bareck à l’incontournable débat sur la menace terroriste suite à l’attentat de Nouakchott













Au-delà des condamnations unanimes de cet attentat barbare par l’ensemble de la classe politique, des autorités religieuses, il convient de noter que ces bandes de criminels endoctrinés et entraînés pour semer la mort et la désolation sur leur passage disposent d’une organisation qui planifie pour eux et met à leur disposition toute la logistique et les moyens financiers pour exécuter leur sale besogne.

Pour mieux cerner les contours de cette nébuleuse jihadiste, il convient de rappeler que dés 1988, au moment de la création d’AL QAIDA, les recrues étaient tenues de faire leur « hayatt » c'est-à-dire de prêter un serment d’allégeance à l’émir, de lui obéir sur tout ce qu’il dit. Il faut à partir de cette allégeance aveugle savoir toute la difficulté de lutter contre les jihadistes.

Il s’agit d’un véritable défi que l’on ne peut relever sans mettre au point une stratégie globale axée sur la prévention par l’infiltration, la collecte de l’information et

l’anticipation d’offensives sur les repères de ces groupuscules.

Nous devons aussi tenir compte de la réorganisation d’AL QAIDA au Maghreb qui devant les coups de boutoir de l’armée algérienne au Nord et les attaques des forces maliennes à l’Est, se sont repliées vers le désert mauritanien ce qui place notre pays dans sa ligne de mire.. L’attentat du 08/08 à Nouakchott est peut être un tournant dans le mode opératoire des jihadistes dans notre pays.

Pour ma part et compte tenu de ma modeste expérience, je livre ici quelques pistes pour enrichir le débat sur la lutte anti-terroriste dans notre pays.

Au niveau politique continuer le dialogue national sur les voies et moyens susceptibles d’éradiquer ce phénomène.

Au niveau social améliorer la réinsertion des jeunes, favoriser la formation professionnelle en vue de leur offrir des débouchés.

Renforcer les moyens destinés à la lutte contre la pauvreté et améliorer la vie des citoyens ce qui permettra à ces derniers de contribuer à la lutte contre ces réseaux tentaculaires.

Au niveau des forces de sécurités, les Cies doivent renforcer les commissariats de quartiers en vue de leur donner une plus grande autonomie et une capacité de réaction plus rapide. Ensuite remplacer ces Cies par une force anti-terroriste d’intervention rapide sous commandement unique. Faire appel aux officiers sous officiers, hommes de troupes retraités dans les différents corps car ils disposent d’un capital d’expérience et de la formation pouvant les rendre utiles à leur pays dans ce combat crucial.

Au niveau des autorités administratives, il s’agira de réhabiliter le volet sécuritaire dans les différentes régions, volet longtemps négligé par celles-ci.

Les médias ont un rôle déterminant dans la sensibilisation des populations sur les dangers que représentent ces individus pour le pays, ils doivent remplir leur mission et contribuer à endiguer ce phénomène.

Les autorités religieuses constitueront l’avant-garde de cette lutte contre la barbarie et la bêtise humaine qui n’a rien à voir avec notre religion. Elles sont invitées à prononcer des fetwas et à dédier une partie de leur prêche du vendredi pour sensibiliser les croyants sur les dérives de ces criminels..

Vu l’importance de ces défis, les autorités en charge de la sécurité devront être soumises à la logique de la récompense pour la réussite des missions qui leur sont confiées mais aussi aux sanctions en cas de manquement ou d’erreurs dans l’appréciation.

La gravité de la menace terroriste implique plus de fermeté, de détermination ainsi qu’une mobilisation de dimension nationale sans laquelle les autorités ne peuvent pas relever ce défi.


Capitaine Breyka Ould M’Bareck

© AVOMM.com

Concernant la nouvelle équipe gouvernementale.


Libre Expression














Depuis l’officialisation de la liste du nouveau gouvernement Mohamed OuldAbdel-Aziz (MOAA) issu de l’élection présidentielle du 18 juillet passé ; j’ai lu ici et la beaucoup de réactions dont la plus part sont plus ou moins négatives et hostiles à l’égard de celui-ci.

Personnellement, bien que n’ayant pas soutenu la candidature de MOAA, je félicite très sincèrement notre nouvelle équipe gouvernementale et lui souhaite beaucoup de «Luck» pour faire face aux nombreux challenges auxquels le mauritanien moyen fait face.

Par ailleurs, loin de vouloir convaincre les sceptiques ou ceux et celles qui sont hostiles à ce nouveau gouvernement, je tiens simplement à rappeler un pilier fondamental de la démocratie ; il est simple et consiste à octroyer au vainqueur le droit de choisir n’importe quelle équipe gouvernementale qu’il veut.

De toute évidence, contester un tel choix présidentiel équivaudrait à remettre en cause toute la chaine de principes qui font de la démocratie ce qu’elle est vraiment. Je peux bien comprendre la déception de certains compatriotes du fait que ce gouvernement ne réponde à certains équilibres socio-politiques ; mais c’est cela aussi une des constantes du systeme démocratique.

Comme le disait très justement l’ancien Président américain George W. Bush «Elections have consequences» ; autrement dit, les élections ont des conséquences. Comme citoyen ordinaire, j’espère et exige que notre nouveau gouvernement qu’il s’attèle de façon très agressive et dans les meilleurs délais aux nombreux défis auxquels notre pays est actuellement confronté dont notamment la pauvreté et le chômage ;

• La réforme de notre système éducatif ;
• La cohabitation intercommunautaire ;
Le terrorisme ;
La santé ;
Assainissement des finances publiques ;
Problèmes environnementaux ;
La lutte contre la corruption, etc..

Comme citoyen ordinaire, j’espère et exige de la nouvelle Opposition qu’elle joue pleinement son rôle en s’opposant de façon constructive aux décisions du Président et de son gouvernement, dans l’intérêt de la Mauritanie.

Toka Diagana (Washington, USA)
Department of Mathematics
Howard University
2441 6th Street NW

Washington, DC 20059 - USA
Office: ASB-B 209
Phone (office): 202-806-7123
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lundi 10 août 2009

Les racines du terrorisme Salafiste en Mauritanie.



Ce ne serait certainement pas en s’invitant en intrus dans la croisade Texane de l'ex président US Bush belliqueusement et trivialement appelée «War on terror» ou «Global struggle against violent extremism» que l’on en viendrait à bout de l’hydre de l’extrémisme terroriste Salafiste visiblement bien implanté chez nous et l'attentat-suicide de samedi dernier, une grande première, l'aura bien établi.Et ce ne serait pas non plus en cherchant à se fourvoyer tout en se compromettant dans des initiatives du genre «Transsahara counter terrorism» que l'on éteindrait le foyer de la métastase extrêmiste terroriste.

En fait, les racines du mal extrémiste terroriste Salafiste puisent leur sève nourricière dans la misère et l’humiliation sociales invariablement perpétuées, reproduites et pérennisées par tous les régimes qui se seront succédés depuis trente ans.La jeunesse poussée à bout par le si peu de cas que l’on a toujours fait de son sort et de son avenir n’aura eu d’autres choix vraiment que de succomber à la tentation d’un au-delà meilleur, faute de pouvoir vivre ou supporter son présent désespérant et sans issue quasiment.Il ne serait alors que fort prévisible qu’elle donnât crédit aux sirènes du désespoir soit :celles du terrorisme aveugle Salafiste ou celles de la délinquance et autres déviances connexes.Comme de passé hier soir avec ce jeune qui s'est exploser pour rejoindre au plus vite le «paradis des 72 houris» tout en quittant enfin son enfer quotidien, lot de ses congénères restés bien vivants et vivotant d'expédients inqualifiables dans leur enfer ci bas, hélas. Pour sûr que ce kamikaze n'avait pas les moyens de se marier faute de travail et de revenus tout simplement!

La misère, l'injustice, le désespoir et les passe-droits sont les terreaux absolus et idéaux de tous les extrêmismes. Or, au vu de la gestion du pays ces trois viviers n’auront jamais fait défaut vraiment à nos tyranneaux successifs et même à la «démocrature» si chichement concédée par les militaires au régime élu de l'ex président Sidioca.Il irait de soi que nous inviterions bien le nouveau président élu Mohamed Ould Abdel Aziz à prêter plus d'attention aux jeunes autrement qu’en les enrôlant dans des marches factices de soutien pour leur faire scander dans le torride harmattan des slogans aussi vides et creux que leur estomac de chômeurs.Comme cela aura été le cas invariablement 30 ans durant de gabegie, d'arbitraire et de dictature étouffante et omniprésente.Il ne sera donc que grand temps pour enfin prendre à bras le corps le sort de notre jeunesse désoeuvrée et pour tout dire l'avenir de la Nation Mauritanienne toute entière!

Par conséquent, nous ne pécherions point par excès d'optimisme, oserions nous bien croire, en voyant le prochain gouvernement du nouveau régime s'attaquer en priorité au fragilisant chômage des jeunes qui aura fait d'eux des proies faciles et vulnérables livrées aux chants des alouettes des prosélytismes les plus divers, notamment ceux de l'extrêmisme terroriste Salafiste ou plus banalement encore ceux de la délinquance sous toutes ses formes.Et cela, d'autant plus que l'ex-candidat Mohamed Ould Abdel Aziz et désormais président aux commandes aura fait justement des deux thèmes du chômage et de la sécurité des pierres angulaires de son programme politique et économique.Il ne serait donc que dans l'ordre des choses et du prévisble que nous l'attendrions vivement sur ce terrain-ci en guise de premières mesures initiatiques de son contrat-programme contracté, entre autres, envers la jeunesse qui aura contribué pour bonne part à son élection.Il ne resterait donc plus qu'à souhaiter que cela ne tomberait pas dans les oreilles de sourds.Inchallah.

NB: Démocrature : Néologisme fort récent formé par les contractions accolées des 2 mots :démocratie et dictature.

Publié par Khalil Balla GUEYE

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Juste pour donner un sens à cette brève et évanescente vie

Li Lâhi we li el Watan.



Sans plus ! KBG

AZIZ A GAGNE. IL L’A MERITE . QUELS ENSEIGNEMENTS EN TIRER ?











AZIZ A GAGNE. IL L’A MERITE . QUELS ENSEIGNEMENTS EN TIRER ?

En 2005, c’était lui, Aziz, qui avait renversé Taya. Le peuple entier fut pris d’euphorie. Normal, on sortait de la nuit la plus longue que le pays ait jamais connue. Le peuple entier était martyrisé. Mais, malgré cette reconnaissance unanime de toute la classe politique, de toutes les organisations civiles, et de toute l’intelligentsia intellectuelle et économique, l’homme décida de confier le pouvoir au colonel le plus ancien de l’armée de l’époque. Ely Ould Med VALL prit les rênes du pouvoir qui lui était offert sur un plateau d’argent. Toute la classe politique, à l’exception près de quelques organisations négro-mauritaniennes à l’image des Flam et de l’AJD « canal historique » et de quelques intellectuels, lui apporta son soutien. Cependant, le crime de lèse majesté commis par Ely et ses soutiens est d’avoir oublié, ou plutôt feint d’oublier, que le pays sortait non d’une crise de pouvoir comme ils voulaient l’entendre, mais d’une véritable crise d’existence. La cohabitation interethnique était laminée. Les biens publics n’étaient qu’au service d’une seule tribu, les smassides. L’état était partout inexistant. Le pays n’était pas gouverné, la loi n’existait plus. Le plus petit fonctionnaire, le policier de la rue publique, le gendarme, le garde national, le soldat de 2e classe, chacun faisait sa propre loi, chacun pouvait tuer, expulser, emprisonner sans aucune autre forme de procès. Mais tout fut fait pour que le pays ne retrouvât que ce qu’on appelle encore « l’ordre constitutionnel ». Chacun des leaders politiques y allait avec toute l’énergie dont il disposait espérant que c’est lui qui serait l’heureux élu du peuple lors des consultations électorales. Cependant il y avait une petite résistance. L’AJD organisait comme il le pouvait des sit in pour réclamer le retour des déportés et le règlement du douloureux problème du passif humanitaire. Les Flam, avec des messages électroniques inaudibles aux 99% des mauritaniens, tentaient, depuis des milliers de kilomètres de là, de relayer cette lutte alors qu’elles refusaient d’entrer dans l’arène. Ibrahima Moctar Sarr claqua la porte de l’APP pour protester contre le soutien de son parti à « La transition en dérive ». Alors que les FLAM/Rénovation

trahissaient leur ligne politique en accueillant Ely avec un tapis rouge à l’aéroport Charles de Gaulle de Paris, je pris mes responsabilités en claquant à mon tour la petite porte du mouvement. Je n’oublie pas d’autres résistances comme celles de Conscience et Résistance. Mais ces résistances, devant la force des soutiens opportunistes qui aujourd’hui se recomposent en FNDD, n’a pu obtenir que l’inscription dans les 24 points exigés par l’Union Européenne de quelques fondamentaux comme : le retour des déportés et le règlement du passif humanitaire, la lutte contre la corruption et le détournement des biens publics, la restructuration de l’administration… Nous savons ce qui s’est passé. Toute la fameuse liste de l’UE était mise au placard au profit exclusif de l’organisation rapide d’élections « libres et transparentes ». Le peuple fut trahi. Chaque ténor de parti pensait arriver au pouvoir. La théorie du « dialogue processuel » devait tout justifier . On demanda même aux candidats de ne pas prendre « les sujets qui fâchent » comme thème de campagne (Discours de Ould Maouloud à Paris). Sidi Ould Cheikh Abdallahi gagna les élections. Mais la résistance fut partiellement victorieuse. Ibrahiam Moctar Sarr fut crédité d’un score inattendu, tandis que des partis historiques comme l’UFP furent relégués en queue de peloton.Mamadou Alassane, l’autre négro-mauritanien candidat, fit un score misérable. Et pourtant les théoriciens du dialogue processuel parlèrent de « vote ethnique » au profit du charismatiqueIbrahima Sarr, feignant d’oublier que si Mamadou Alassane a eu son piètre score, c’est parce qu’il a été à Bruxelles pour soutenir « La transition en dérive », trahissant les principales préoccupations du peuple et principalement de sa communauté martyrisée pendant les années de braises de Taya. L’histoire nous donnera raison, en 2009, Ibrahima Sarr, trahissant sa position historique de 2005, fut à son tour sanctionnée par son électorat. Dans la seule région du Gorgol, il passa de 36% des suffrages en 2007, à 12% en 2008. Que s’est-il alors passé ?

Une fois au pouvoir, Sidi, qui n’avait aucune base politique lors de son accession à la magistrature suprême, tenta d’en trouver une. Il n’eût comme solution que la récupération des brebis que Tayaavait laissées sur place et qui erraient à la recherche d’un berger ou d’un enclos. Comment pouvait-on accepter que la seule personnalité de l’ère Taya qui déclara publiquement dans la presse qu’elle n’avait rien à regretter des forfaitures de son maître fut nommée Ministre Secrétaire général de la Présidence de la République, quand on sait que ce poste a en réalité plus de pouvoirs que le premier ministère ? N’en déplaise à mon ami et philosophe BA Khassoum Sidiki, le discours ne suffit pas, le peuple a besoin d’actes concrets, et en matière de discours, Khassoum feint-il d’ignorer que Sidi, lors d’une visite à Paris, a dit aux associations mauritaniennes qu’il ne pouvait pas ouvrir le dossier du passif humanitaire et qu’il demandait aux mauritaniens d’oublier ? Aziz, une fois de plus, a été obligé de prendre ses responsabilités. Oui Sidi a été élu, oui, les règles démocratiques ne s’accommodent guère de la prise du pouvoir par la force. Oui la communauté internationale a ses principes et ses intérêts. Mais avant tout, pensons mauritaniens, au nom d’abord des réalités et des intérêts mauritaniens. La gabegie et les assassinats politiques masquées ou tues, ne s’accommodent eux aussi pas du tout avec la démocratie. Le règlement du passif humanitaire, le soulagement des souffrances des veuves et des orphelins est beaucoup plus préoccupant que le retour à « l’ordre constitutionnel » et devait être la première préoccupation de tout politique qui se veut porte voix de son peuple. Mais quand Aziz demanda à nos politicards de participer à un gouvernement d’Union Nationale pour régler une fois pour toutes ces préoccupations, ils refusèrent au motif fallacieux auquel eux-mêmes ne croyaient pas, qu’il fallait d’abord le retour de Sidi au pouvoir. En réalité, chacun d’eux ne pensait qu’à sa propre accession au pouvoir. Ce qui fut le plus étonnant, c’est le refus de Ibrahima Moctar Sarr. En 2005, sous Ely, il exigeait ce que Aziz lui a proposé aujourd’hui sans contrainte et sans condition aucunes : le règlement de la douloureuse question du passif humanitaire. Mais inféodé à Ahmed Ould Daddah dont il est le Secrétaire Général à l’institution de l’opposition, il signa et appliqua des accords avec ce dernier, accords qui n’étaient en fait que la remise en cause d’un principe sacro-saint de la lutte des« nationalistes » négro-mauritaniens qui voulait que la résolution des questions liées à la cohabitation soit fondamentale et prioritaire sur toute autre question ou considération politique. En liant sa participation au gouvernement de Aziz au renoncement de ce dernier à participer aux élections comme le voulait Ahmed Daddah, Ibrahima Sarr avait trahi la lutte et avait fini d’avaler son fameux texte « La transition en dérive », qui au fil du temps, était devenu à ses yeux et aux yeux de beaucoup de ses supporters, plus important que les textes fondamentaux de son propre parti l’AJD/MR.
Heureusement pour le peuple, Aziz ne fléchit pas. Il poursuivra dans sa lancée sans aucun soutien politique conséquent issu des rangs de l’ancienne opposition. Et c’est Ibrahima Sarr, commeMamadou Alassane en 2005, qui paiera les pots cassés. Le peuple a jugé le 18 juillet 2009. C’était la déroute historique de l’ AJD/MR.

Aziz confia le dossier a un officier connaisseur du milieu. Le colonel DIA Adama géra la question avec lucidité et efficacité. Il fit le tour de toute la vallée à la rencontre des familles martyres. Il alla dans les coins et les recoins les plus éloignés de la région du Trarza jusqu’au lointain Guidimakha. Il sut écouter et partager les douleurs. Il rencontra et écouta les associations de victimes, les oulémas et les sages du pays. Le COVIRE, sous la direction de Abou SY, joua un rôle centrale dans l’aboutissement heureux de ce dossier. Une solution consensuelle fut dégagée. Ce qui était le plus important pour les victimes, contrairement à ce que véhicule une certaine opposition, ça n’a jamais été les questions d’ordre matérielle, comme s’il fallait marchander sur la valeur vénale des morts, mais bien sûr le geste sincère de la reconnaissance et de la repentance de l’Etat, comme sut le faire avec brio le Général Ould ABDEL AZIZ à Kaédi. Aujourd’hui encore, le Générals’engage à poursuivre ce processus.

Les mauritaniens les plus sceptiques parlaient des risques électoraux courus par le Général. On entendait par ci que la communauté arabe allait se détourner de lui suite à cet acte historique. L’opposition en mal d’alternative criait à l’exploitation politicienne des souffrances. Et le 18 juillet, une fois de plus, le peuple jugea. La communauté négro-mauritanienne su être reconnaissante. La communauté arabe quant à elle démontra avec brio que la Mauritanie était une et indivisible, et que surtout, il ne fallait pas assimiler les crimes de Taya à des conflits interethniques, et qu’elle était sincèrement derrière toute initiative tendant à la consolidation de l’unité nationale. Aziz fut élu avec brio. L’opposition ébahie, n’en revenait pas. Eh bien, elle n’avait pas su écouter et entendre le peuple. La révolution était en marche. En six mois, Aziz avait régularisé et réhabilité les gazra, diminué les prix des denrées de première nécessité, construit des routes goudronnées, et engagé une lutte sans merci contre la corruption et les détournements de deniers publics. Au moment où il soulageait les souffrances des mauritaniens, l’opposition faisait du verbiage par un discours dicté depuis l’occident, fait de retour à l’ordre constitutionnel et de retour des militaires dans les casernes. L’Occident, comme le disait mon grand frère feu le professeur Saïdou KANE, combat aujourd’hui pour le Bien Être, alors que nous, nous ne cherchons encore qu’à Être. La démocratie rêvée n’existera que lorsque le mauritanien recouvrera un minimum de dignité humaine dans sa vie de tous les jours. La démocratie n’est-elle pas avant tout l’égalité de tous les citoyens, non pas devant la loi, mais devant le manger et le boire, devant la santé, devant l’éducation et devant l’habitat ?

Le grand enseignement de cette élection du 18 juillet 2009, c’est que le peuple est beaucoup en avance sur ses élites politiques, et ceci en matière de Démocratie.

Amadou Alpha BA
Gretz Armainvilliers
France

© Points Chauds

dimanche 9 août 2009

Quand les savants s’en mêlent…ça se gâte. Par Aminata KANE





Ce à quoi on assiste depuis peu sur la Toile, notamment suite à l’article intitulé « ce que m’inspire l’interview de… », ressemble tantôt à un débat d’initié tantôt à un règlement de compte, tantôt à un simple étalage de connaissances. Les mauritaniens aiment ça : discuter, échanger parfois sur un ton vif.



Je trouve dans ces échanges un intérêt : une complémentarité polémique. C’est dans l’air du temps. La présidentielle est passée. Elle nous a laissé comme un goût amer. On attend, fébrile, la composition d’un nouveau gouvernement, baromètre qui nous permet souvent de mesurer la représentativité.

Dans l’intervalle, je voudrais dans un exercice amusant qui pousse la caricature à l’extrême, ouvrir une réflexion terre à terre sur le concept de la semaine : intellectuel.

L’intellectuel, la tendance à se définir et ou à se comporter comme tel, est un fantasme purement français, devenu par extension francophone. Il reste incompris, voire dédaigné des anglophones, germanophones et autres. Ceux –ci lui préfèrent le concept non moins pompeux de savant.

En France, ceux qui se définissent comme intellectuels et donc se comportent comme tels aujourd’hui, sont une minorité, agissante, la même depuis plus d’un quart de siècle. Organisés en trois groupes plus ou moins distincts, ils s’autorisent à exprimer la pensée du peuple (Alain Minc, Jacques Marseille), à émettre une parole qui dépasse leur individualité pour énoncer l’universel (Lévy, Gluksman) ou encore à parler de sujets qui débordent leur domaine de compétence, au nom de la vérité (Thierry Wolton).

Tels sont les intellectuels. Des hommes, parfois des femmes, comme vous et moi. Avec leurs faiblesses pour les choses, les bonnes choses de la vie. Généralement engagés et que l’on a tendance naturellement à situer à gauche, parfois à tort.

Tantôt adulés, tantôt détestés du grand public en général, du monde politique en particulier, les intellectuels ne se caractérisent pas moins par des querelles internes et des conflits de leadership. Ainsi, quand Bernard-Henri Lévy, la star, fait irruption sur les plateaux de télévision pour parler de la shoah et du nécessaire devoir de mémoire, Alain Finkielkraut publie le juif imaginaire, pour lui dénier toute légitimité à parler de cet épisode de leur histoire pourtant commune. Cela me renvoie, mutatis mutandis, au débat autour de l’organisation clandestine mauritanienne et la catégorisation faite de ses militants par les internautes, comme entre celle-ci et le parti légal, sur l’éternelle question de légitimité à poser les problèmes de la communauté noire mauritanienne.

Ils fascinent tout autant qu’ils rebutent. Ils (les intellectuels) « sont, pour Roland Barthes, sémiologue français, plutôt le déchet de la société, le déchet au sens strict, c'est-à-dire ce qui ne sert à rien, à moins que l’on ne les récupère » (le grain de la voix).

Ils sont certes engagés, mais ne sont pas insensibles aux phares du pouvoir. Beaucoup d’entre eux virent à droite.

En tout état de cause ils dérangent : « l’intellectuel est quelqu’un qui se mêle de ce qui ne le regarde pas » (Jean-Paul Sartre, Plaidoyer pour les intellectuels). En effet, le point de départ de ce qui deviendra le courant intellectuel en France est le très devenu célèbre « J’accuse » d’Emile Zola dans l’affaire Dreyfus. Une affaire qui, chacun le sait, ne le regarde que parce qu’il a voulu ou a décidé qu’elle le regarde.

A moins que cela ne soit pour « …justifier une existence » (Noam Chomsky, linguiste et philosophe américain).

Alors, posture ? Imposture ? Bernard-Henri Lévy, faisant irruption dans une campagne électorale, interpelle les dirigeants français et au-delà européens à faire ce qui est possible pour mettre fin aux bombes qui tombent sur Groznyï. Albert Jacquard, généticien, battant le pavé parisien aux côtés des mal logés africains et les sans papiers pour demander que la France réserve à ses hôtes, à tous ses hôtes, un accueil républicain digne. Lequel adopte une posture intellectuelle ?

Amusons nous. Amusons-nous en attendant !

Aminata KANE.

Puisqu´il faut enfin se mettre au travail !






Puisqu´il faut sauver ce qui reste des institutions et que la rue n´arbitrera de toutes les façons pas le second tour, puisque les chances de voir le nouveau président de la république accéder à la demande de l´opposition sont proches de zéro (et c´est dommage), puisque tant d´éléments se déchainent et se liguent contre le volontarisme (réel ou supposé) de notre élite politique, la carte la plus probable reste celle de « la politique de ses moyens » qui confine à ce « réalisme » qui, en d´autres circonstances, ouvre la porte à tous les possibles et à tous les écarts. A moins de proclamer comme il y a quarante ans sous les barricades « soyons réalistes, demandons l´impossible ! », l´heure devra être au travail. Quelle que soit l´amertume de ceux qui ont pensé que le vainqueur de l´élection n´est pas celui qui était attendu ou encore que les conditions de ladite élection n´étaient pas idéales, il y a une réalité dont il faut s´accommoder et au plus vite : il y a bien une vie (politique) en dehors de la Présidence de la République (et de la rue publique). Quand Demba Sadio, Doubale Less et les grands lutteurs qui ont fait le bonheur des férus de ce noble sport se préparaient au combat, c´était toute une mécanique qui se mettait en branle. Traditionnalistes, griots, marabouts, féticheurs, musiciens, chanteurs, aficionados...tous étaient de la partie pour que la fête soit belle. Ne descendaient dans le dingiral (bera en soninké : arène) que les champions. Au nom de cette organisation du travail et de la nécessaire répartition des taches, tout le monde doit être au poste pour enfin qu´on s´attaque aux immenses travaux en souffrance.

L´opposition peut se renforcer et jouer ce rôle de vigie alertant les citoyens sur les implications des politiques initiées par la majorité. Elle doit tirer les enseignements de ses échecs (somme toute relatifs) et se demander si le jeu démocratique doit se limiter à la participation aux élections. L´encadrement des militants, l´instruction civique et politique en vue de faire comprendre le sens du vote et le rôle du citoyen dans la cité, l´implication de l´électeur dans le jeu politique en lui donnant comme contrepartie le pouvoir de contrôler l´action publique (on peut commencer par le local à travers les municipalités par exemple) et en rendant systématique le compte-rendu de mandat, l´écoute des populations et la prise en compte de leurs craintes, de leurs interrogations, de leurs doutes et aspirations...ce sont-là autant de pistes de réflexion pour se prémunir de certains travers et déconvenues (achats de conscience, nomadisme...) ou tout au moins, en limiter les méfaits.

La majorité doit donner acte de ce que l´opposition a reconnu (plus exactement « a pris acte »), sur le plan juridique, les résultats proclamés par le Conseil Constitutionnel. Mais la majorité doit aussi intégrer le fait que cette même opposition tient pour entière la crise politique que l´élection présidentielle était supposée définitivement résorber. En conséquence, le reconnu « juridiquement » vainqueur (plus prosaïquement, le Président de la République) doit clore la phase de la campagne et gouverner dans l´apaisement, c´est-à-dire loin de l´état d´esprit qui a animé le processus de conquête du pouvoir. A moins de vouloir ramener le pays à une situation caractérisée par le monolithisme politique et la chasse aux sorcières de l´opposition, la majorité doit éviter de faire payer leur choix à ses adversaires politiques en les livrant à la vindicte et en se barricadant derrière l´ostracisme et la stigmatisation.

Que « ceux qui ne savent pas faire autre chose qu´écrire et penser» -nul n´est parfait- (avec leurs limites et leurs modestes moyens), enrichissent le débat en s´inspirant de l´agriculteur qui a les pieds dans la boue tout en scrutant l´horizon pour en déchiffrer les moindres signaux. Parce qu´avant de réclamer la démocratie et l´ETAT moderne (westphalien), il nous faut aussi nous entendre sur le contenu que nous leur donnons. Faire l´économie du débat sur ces fondamentaux ouvre la voie aux malentendus.

La Société Civile (par la défense des opinions des plus vulnérables), les opérateurs économiques (en ne faisant pas du profit le point d´où tout doit partir et où tout doit revenir) tous en se faisant citoyens s´acquittant de nos devoirs tout en ne réclamant que ce qui nous est dû, les agents au service de l´Etat en se mettant au service de tous et non de leurs seuls ambitions et intérêts, les forces de défense et de sécurité en se consacrant (enfin) à la mission qui est la leur et en abandonnant la politique aux politiques au moment où notre pays inaugure les attentats-kamikazes (l´horreur a-t-elle élu domicile chez nous ?) nous avons tous un rôle primordial à jouer afin que la chose publique soit réhabilitée et que la communauté de destin nous conduise à donner toutes ses chances à ce projet que nous nourrissons pour notre Mauritanie : un pays qui protège tous ses fils et qui subvient aux besoins de chacun dans la mesure du possible sans discrimination aucune et qui inspire le respect sur la scène internationale.

Abdoulaye DIAGANA

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samedi 8 août 2009

Ely Ould Mohamed Vall et les 6 millions $ US du Qatar




Pour ‘’ l’hirondelle du printemps africain’’ de Gaston Kelman, la gifle électorale a été à la hauteur de la désillusion : M. Ely Ould Mohamed Vall, ne trinquera pas cette fois ci dans la cour de la gotha et de la 'jet set' en tant que président de la République Islamique de Mauritanie, le peuple lui ayant démontré un cruel mépris avec prés de 3, 8 % des suffrages exprimés. En somme, l’ancien gourou de la Sûreté de l’Etat dans les sombres années de braise de la Tayatie triomphante n’a pas pu revenir sur les lieux de son sacre d’antan…, mais ce ne sont pas les fonds qui ont manqué... . Selon des sources autorisées, il semblerait qu’ Ely Ould Mohamed Vall, le pathétique frère de ‘’l’enfant de Treblinka, et de la fillette d’Auschwitz’’ qu’il pleure dans ses songes de grand militant de la détresse humaine de l’holocauste, ait reçu la modique somme de 6 millions de dollars américains, cadeau royal de Leurs Altesses Cheikh Hamed Ibn Khalifa Al-Thâni, émir du Qatar et de la princesse Cheikha Mowzah Bint Nacer Al Misnad, son épouse.
Ainsi, le colonel Ely Ould Mohamed Vall, aurait été généreusement financé aux frais de la princesse Cheikha Mowzah Bint Nacer Al Misnad, pour sa folle course poursuite à la magistrature suprême de la Mauritanie, et ce en deux temps et de multiples mouvements entre Nouakchott et Doha : d’abord en recevant un premier acompte de 4 millions de dollars, suivi des 2 autres millions de dollars convoyés par les soins de son fils, employé dans la puissante Fondation du Qatar. Il semble que tous les frais de déplacements d'Ely Ould Mohamed Vall, vers sa caverne d’Ali Baba de Doha, soient financés, dans la même dynamique de curieuse générosité, par l’ambassadeur du Qatar accrédité à Nouakchott, qui aurait délivré les titres de voyages, en first classe bien entendu, auxquels s’ajoutent les divers ‘’perdiems’’ d’usage… On se demande quels pourraient être les arguments développés par Ely Ould Mohamed Vall, lui qui, dans son propre pays, apparaît comme un illustre inconnu, accident de l’histoire du Comité militaire pour la Justice et la Démocratie, pour convaincre ainsi l’Emira qatarie, ambassadrice de l’Unesco pour l’enseignement et l’éducation de base, présidente de la Fondation du Qatar, et initiatrice du Centre de Doha pour la liberté de la presse. A moins que notre malheureux candidat aux élections présidentielles, n’ait été inspiré par le Français Robert Ménard, ancien secrétaire général de l’ONG, Reporters sans frontières (RSF), co - fondateur du Centre de Doha pour la liberté de la presse et n’ait eu l’espoir de rejouer un remake du parfait démocrate. Dans l'imaginaire mauritanien, le colonel Ely Ould Mohamed Vall, est lié à quatre événements marquants. Il a longuement dormi un certain 3 août 2005 avant de se voir confier les rennes du pouvoir par accident.
Il a été le premier Président de la République Islamique de Mauritanie à verser des chaudes larmes lors du lancement du projet Aladin de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah en déclarant avec émotion "Ce serait nier mon humanité même que de dire oui cette abjection a eu lieu, non, elle ne me regarde pas “, alors qu’il jamais eu la moindre compassion, ni repentance pour les centaines de morts et les dizaines de milliers de déportés de son propre pays. Il est le seul ancien chef d’Etat richissime souvent cité dans des ‘affaires ‘’ financières. Et il est celui qui a été battu à plate couture par son peuple en lui réservant la plus violente des morts politiques : moins de 4 % des suffrages aux élections présidentielles. Dans ce contexte, il est tout de même ridicule de constater que la seule personnalité étrangère à avoir contesté les résultats des élections présidentielles, ait été une égyptienne, amie de Ould Mohamed Vall, et employée dans la Fondation du Qatar…
Dia Ismaila

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Dia Ismaila

vendredi 7 août 2009

L’Etat de droit ! Mais de quel Etat de droit en Mauritanie ? BÂ Kassoum Sidiki

Entre l’exception et la règle, la norme et son envers, la Mauritanie aura été soumise au retournement inattendu de situations. Au lendemain d’élections transparentes portant sidioca au pouvoir nous pensions nous ancrer dans la démocratie, ce fut un coup de force qui nous réveilla de l’idéal démocratique. Ce que nous croyions impossible se fit jour : le retour des militaires.



C’était encore l’aurore mouvementée dans la lueur des sabres, l’aube agitée d’une grêle poudreuse. Les canons se pointèrent pendant que les chars s’agglutinaient auprès de nos demeures. Une voix nous annonçait le commencement d’une cité heureuse, ce matin du 6 août où le Général Ould abdel Aziz prit le pouvoir. Il trancha en chef militaire plutôt qu’un sage. Le ciel serti de baïonnettes, la forfaiture se fit même dans une offre de grâce : la lutte contre le terrorisme, la corruption et la gabegie. Ould Abdel Aziz présenta un programme plutôt qu’un projet. De facto il se banalisait dans une posture de chef de parti, celui des généraux, ses pairs, qui s’invitait dans l’arène politique. Encore un édifice nous promit-on alors que nous pensions nos fondations installées et stables. Un coup d’Etat allait à nouveau détruire nos rêves de modèle. Un président élu démocratiquement, comme dans aucune autre élection en Mauritanie, venait d’être renversé. Ainsi nous recommencions la fermeture, les états-majors nous remettaient dans la répétition du même. « Ce lent vertige qui nous fait tourner, mon pays et moi, prendra-t-il fin ? » susurrait le chef des Diallobé dans l’Aventure ambiguë de Cheikh Hamidou Kane.

Il y a là un aspect prégnant et inquiétant de l’éternel retour : la résurgence de l’un, le tourbillon du même. Quelle condition de l’homme et du citoyen que celle de sentir une gésine sans terme. Se retrouver au même point dans l’aller et retour, observer les mêmes péripéties dans l’écoulement du temps comme si l’histoire recommençait, ne prenait que des tournures identiques. Ce saisissement métaphysique a de quoi bouleverser la conscience la plus quiète. C’est l’implication éthique d’une telle figuration de l’histoire qui requiert réflexion. En effet revoir les mêmes évènements se répéter, les mêmes scènes se jouer noue le regard, remue l’esprit, pose l’énigme du temps et le sens de l’histoire. Nietzsche lui-même, selon ses proches, parlait à voix basse, dès qu’il évoquait le thème de « l’éternel retour », en tremblant de tous ses membres. Depuis 1978 les événements et les hommes se sont enveloppés dans une configuration unique. Ce fut un parcours circulaire qui repassait par les mêmes lieux et les mêmes procédés. Toujours un militaire ou un chef de tribu ou de clan tapi à l’ombre avec le regard plein du pouvoir dont il veut s’emparer. Aziz a largement été élu et l’inverse eut été très surprenant. Qui organise les élections, quand il est au pouvoir, les gagne dans nos contrées. Ce qui est déroutant ce n’est ni l’intention, ni le discours. C’est la parenthèse ouverte à la prise de pouvoir contre la légitimité constitutionnelle. C’est l’exemple donné à qui veut faire entendre ses bruits de botte, le crépitement de ses lances. Un coup d’état dans une démocratie, même si celle-ci a des insuffisances, est contre-nature. Ainsi c’est l’empire et le réseau qui nous dominent. L’empire entendu comme centre, ici l’autorité militaire avec ses divisions et sa hiérarchie, ses connexions tribales et régionales, ses relais nationaux et locaux ; le réseau comme domaine des circuits économiques, financiers, sociaux, culturels dont la fonction est de maintenir le pouvoir qui doit circuler au sein d’un même groupe. Le réseau assure les mécanismes de contrôle, contraint dans les détails les savoirs et les volontés. C’est le pouvoir éclaté en sa périphérie, qui se manifeste aussi dans les marges assujetties à la position générale. C’est une tache pour le savoir (sociologique, historique) que de saisir les extrémités, les fils tenus par lesquels un ordre massif de domination s’exerce. La domination peut être parcellaire, satellitaire. Elle a des dimensions locales, régionales et des techniques particulières pour la faire circuler. Un pouvoir fonctionne en chaîne ; il a un centre et une périphérie et c’est à cela aussi qu’il faut faire attention. C’est que le pouvoir transite par l’individu, des associations, des organisations. L’armée est partout, elle a infiltré nos vies. C’est la dimension de sujet qui est niée en chaque mauritanien. Dans l’acte libre du vote une direction était donnée pour le pays. Le fait politique mauritanien prenait sens. Le Président Sidi Ould Cheikh Abadallahi comprit la vérité d’une Mauritanie multinationale, la fracture profonde qui la minait. Il porta la mémoire collective dans ce qu’elle nous réconcilie. Il se hissa à une dimension historique d’une dignité pédagogique et morale exemplaire. Willy Brandt alors Chancelier s’était agenouillé, au nom du peuple allemand face à l’holocauste, lors d’une visite en Pologne, devant le mémorial juif, pour demander pardon. Sidioca lui sut trouver les mots justes pour la veuve et l’orphelin, le déporté et le supplicié. « Au cours des années 80, reconnaît le Président, notre pays a été le théâtre d’atteintes massives aux droits de l’homme qui devaient culminer en 1989-90-91. Des citoyens mauritaniens à l’intérieur et à l’extérieur du pays ainsi que des résidents établis en Mauritanie ont été victimes d’exactions graves et injustifiées. Des populations paisibles se sont vues contraintes à quitter leur pays… Je voudrais ici, au nom de la république, exprimer ma compassion à l’égard de toutes les victimes de ces années sombres » (Discours du 29 juin 2007). Fonder c’est promouvoir une idée, inscrire la perspective dans l’éblouissement du beau, dans une différence singularisée dans une unité. « Penser, disait Camus, c’est avant tout vouloir créer un monde » (In Le Mythe de Sisyphe) Ainsi la parole du président s’était épaissie, enrôlée dans l’amplitude du juste. Et c’est cet itinéraire qui doit servir de repère, ce modèle qui doit inspirer. Puiser dans la parole qui a osé formulé le passif humanitaire ; de sélective pour la gloriole du chef elle évoqua avec Sidioca les échecs et illumina l’ombre par le sceau de la vérité. Le possible démocratique, le désir d’une Mauritanie d’égalité et de liberté avaient éclairé notre imaginaire pour réaliser l’état de droit. La criminalisation de l’esclavage, l’assurance d’une égalité civile entre les citoyens, avaient ouvert une ère de renouveau mauritanien. L’essence de la démocratie est de produire des normes en préservant les différences, de réaliser au mieux la nature humaine. Sous Sidioca le droit ne s’identifiait plus à la force, à la puissance victorieuse comme dans le régime de terreur sous Taya où l’Etat s’égarait dans le massacre et la négation de l’autre.



Rien ne doit justifier qu’un seul individu ou un groupe restreint se tienne au-dessus de la société et décide de son avenir. L’individu fut-il empereur ou césar n’est pas en droit de faire régner son ordre. La démocratie est « l’union des hommes en tout » pensait Spinoza dans le Traité Théologico-politique. C’est donc à la multitude d’être un sujet politique, acteur de ses promesses d’avenir. La multitude se conçoit comme une pluralité de différences. « La multitude est une multiplicité de différences singulières » écrivent Antonio Negri et Michel Hardt dans Multitude. Elle ne se réduit pas à une unité ou à une identité singulière : Arabité, Africanité, Francité, Latinité. Elle est le socle de différences de culture, de couleur, d’ethnicité, de genre mais aussi différentes manières de vivre, différentes façons de parler. La multitude, qui n’est ni le peuple souvent victime de propagande ni la masse au caractère indifférencié et fréquemment aveugle, est l’instance sur laquelle doit s’appuyer le projet, la responsabilité de la définition du commun. Le commun c’est ce que les hommes d’une société ont en partage. Il nous permet de communiquer et d’agir ensemble dans le maintien des identités et des singularités. Vivre en commun c’est vivre ensemble dans une diversité reconnue.



Le coup d’état comme outil de pouvoir et de commandement au détriment du vote des citoyens pose la pertinence de ce mode de légitimation. Ce qui revient à analyser la place dévolue à l’armée. Hector sur son char défendait la ville de Troie, Oumarou Moctar la Libye tandis que Silâmaka Yéro et son fidèle compagnon Poullôrou Galhaawa chevauchaient pour la libération du Macîna. La défense du territoire et la sécurité sont les rôles dévolus à l’armée, au soldat. Quand le fait accompli, le coup d’état fait droit c’est que la démocratie s’assombrit. Kant se refusait dans Le projet de paix perpétuelle à discriminer les guerres, à savoir si telle guerre est plus juste qu’une autre ; puisque dans la guerre on tue ou on se fait se tuer simplement, logique impliquant que toutes les guerres se ressembleraient. Se pose alors la question de la justesse du coup d’état d’Aziz même si ce dernier l’a contourné par une élection. Eliminer la représentation de l’armée dans les institutions politiques, réduire son droit de regard et ses possibilités de prise de pouvoir sont des moyens pour s’atteler à l’essentiel : résoudre la question nationale, travailler au respect de toutes les cultures, à l’équité sociale de tous les mauritaniens. C’est véritablement là l’évènement. A la limite une élection n’est pas en soi un évènement. Ce qui fait évènement c’est le déplacement des réponses, la prise en compte de la spécificité mauritanienne. A l’ère de l’individu et du transnational, du sacre de la société civile, réfléchir à la place de l’ancien et du nouveau, de ce qu’est être citoyen mauritanien au XXI è siècle, ce que représente le progrès dans un pays très pauvre classé parmi les moins avancés, n’est pas vain. Une institution ne tire pas sa valeur dans le fatalisme des milieux modestes, dans l’arrogance de l’Etat. Elle se met en dimension par la donation de sens, la réalisation de soi, le bonheur du plus grand nombre d’hommes possible.

. Contre vents et marées, au prix même de sanctions économiques mettant à rude épreuve le pays, Ould Abdel Aziz, militaire de carrière, aura réussi à se hisser sur les crêtes du pouvoir. Plus que le pouvoir ce qui importe c’est ce qu’on fait de celui-ci. Dans un monde où l’insurrection de la liberté se finalise en démocratie, être élu ne saurait être une prime de commandement, une magnificence, l’éclat de la défaite des autres. Si la légalité est affaire de loi, la légitimité est affaire de pratique de bonne gouvernance. C’est la qualité des solutions qui fait une présidence, l’inversion des souffrances. Ould Abdel Aziz qui vient du sérail militaire a été élu, avec un certain talent, beaucoup de ruse, Président de la République , en s’emparant de thèmes porteurs. Il lui appartient maintenant, de mettre fin définitivement à l’intrusion des militaires, de faire de la Mauritanie une puissance culturelle forte de la diversité de ses composantes nationales. Mais il sera jugé sur sa parole contre l’oppression, dans ses actes pour résorber la fracture nationale, le problème racial, les inégalités sociales. Son pouvoir devra être analysé non pas de l’intérieur, dans ses intentions, dans ce qu’il dit de lui-même mais surtout et davantage par les œuvres accomplies. Spinoza osait avancer (T.T.P, chap. XIV) que les meilleures œuvres de foi sont la Justice et l’Humanité.


BÂ Kassoum Sidiki

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jeudi 6 août 2009

A propos du « statut d’intellectuel » par Hamdou Rabby SY


A propos du « statut d’intellectuel » par Hamdou Rabby Sy
Suite à quelques réactions par rapport à mes propos sur l’interview du président des FLAM, je voudrais apporter quelques éléments de clarification. Je suis très touché par les mots fort sympathiques de certains de mes anciens élèves ; une mention particulière à Mamadou Saïdou TOURE dont la subtilité et l’élégance, n’entament en rien la noblesse avec laquelle, il se démarque de l’analyse de son « ancien professeur de philosophie ».

Je dois dire aussi que je fus amusé par des réactions moins positives, mais qui ne sont pas sans intérêt, sauf qu’elles pêchent par manque de courage intellectuel et de volonté de pousser le débat dans un sens plus constructif. Au regard de toutes ces réactions, je voudrais poursuivre ma réflexion.

Je tiens d’emblée à affirmer que je ne suis pas un candidat à la posture d’intellectuel, non pas que, l’intellectuel appartiendrait à une catégorie d’hommes et de femmes d’une dimension exceptionnelle. Je ne pense pas que l’intellectuel procéderait d’une forme d’angélisme ou de sainteté par –delà l’humain, pour ne pas dire, par-delà le Bien et le Mal. Je ne considère pas aussi que l’intellectuel représente une figure du «surhomme » nietzschéen, encore moins une individualité si singulière qui existerait partout, sauf dans notre chère Mauritanie.

Mon propos visait à mettre l’accent sur cette forme de démission par rapport à la passion pour le savoir, l’engagement pour la culture et le sens élevé des choses de l’esprit. Car, l’esprit ne peut être élevé qu’à la hauteur et à l’aune des humains qui le portent et qu’il habite. Détermination essentielle et substantielle, l’esprit définit authentiquement notre humanité universelle. Il nous permet de nous dépouiller de notre particularité la plus contingente pour la convertir en singularité universelle. Le statut d’intellectuel, tel que je l’entends, résulte de la combinaison de la lecture et de la prise en compte des conjonctures historiques qui déterminent cette posture d’éminence ancrée dans la théorie et dans la pratique. L’intellectuel ne se dérobe pas à l’engagement dans le champ social et politique, même s’il peut ne pas être structuré dans des organisations politiques. En toutes circonstances, ses interventions reflètent un positionnement favorable ou défavorable à une situation de domination. La figure la plus authentique et la plus reconnue est celle du positionnement critique contre l’injustice et la domination.

Cela dit, je me sens plus philosophe qu’intellectuel ; je n’aspire pas à cette position. En revanche, je prétends être philosophe, je suis très attaché à mon identité philosophique avec bonheur, parce que je l’ai conquise de haute lutte. Je continue à consentir des sacrifices, parfois, absurdes, pour préserver cette identité des plus difficiles et des plus exigeantes.

Pourquoi je suis philosophe ? Parce que je me suis inscrit dans la tradition socratique, dont le fameux « je sais une chose, c’est que je ne sais rien » a inauguré la tradition philosophique occidentale. L’humilité de l’attitude socratique, son ironie provocatrice déjouant le sérieux des gens qui se prennent trop au sérieux et sa maïeutique (l’art d’accoucher les idées), ont façonné ma démarche de penser, avant la découverte de l’œuvre de mon philosophe préféré, j’ai nommé Hegel. Le soupçon de Nietzsche, la lecture de la psychanalyse, la fréquentation engagée de Marx, deLénine et de Trotsky, m’ont ouvert des pistes nouvelles dans l’effort de compréhension des rapports de force au sein de la société. La lutte des classes, le parti de classe, la révolution, des catégories fondamentales du matérialisme historique et dialectique, m’ont renforcé dans la quête des outils d’analyse.

La lecture décisive et vitale de Spinoza, et d’Althusser, sans oublier la compagnie des « nouveaux philosophes » m’ont aidé à me libérer des préjugés de la culture qui m’a vu naître et grandir. Je ne suis pas un « marxiste anarchiste » encore moins « un flamiste féodal ». Je suis heureux dans la confrontation des points de vue, je suis un adepte de la contradiction, mais je m’interdis des relations fondées sur la vulgarité et la banalisation. J’ai noué des amitiés fortes, j’ai tiré les leçons de mes déceptions, de la mesquinerie et de l’hypocrisie. Je me sens épanoui dans la prise de distance, je préfère la solitude à la fréquentation de courtisans paresseux, nourris à la culture de la délation et du dénigrement.

Je suis plus à l’aise avec les idées et la théorie qu’avec la pratique et la rencontre avec le peuple. Je ne suis pas politicien, je suis un homme d’idées. Mais je suis un militant, peut-être mauvais, certainement incompétent. Je ne me suis jamais disputé avec des camarades par rapport à la qualification d’un militant (bon, mauvais). La qualité d’un militant, c’est de militer de façon disciplinée au sein de son organisation.

Quant au retour au pays, pour enseigner au département de philosophie de l’Université de Nouakchott, ça ne me tente nullement. Il n’y a pas d’héroïsme à rester dans son pays, ni à y retourner. C’est un faux débat. Je suis libre de résider en France, ou de poursuivre mon parcours de migrant, car j’ai beaucoup appris depuis huit ans, sur moi, sur mon pays avec la distance, j’ai rencontré d’autres peuples, d’autres cultures et d’autres continents. J’ai mieux appris des Mauritaniens en vivant en France que si j’étais resté en Mauritanie. Je suis loin du chemin du retour, au contraire, je me prépare à aller plus loin. Je suis un fou de l’ailleurs, ce n’est pas un hasard, si j’ai choisi une œuvre philosophique qui expose le périple de la conscience, de la certitude sensible jusqu’au savoir absolu. La culture philosophique libère de l’étroitesse et éloigne de l’enfermement dans des territoires qui favorisent la misère dans tous les sens.

Je suis révolté contre l’injustice, l’oppression, le racisme et l’esclavage, mais je ne suis pas patriote, encore moins nationaliste. En philosophe conséquent, je suis cosmopolite et universaliste. Je suis allergique au particularisme, je me méfie des appartenances particularistes, même si ce sont des structures anthropologiques qui ont façonné l’humanité et qui déterminent encore les sociétés humaines.

Je suis réticent à l’idée de retour parce que les nourritures spirituelles qui me sont indispensables sont dans la capitale française. Mon bonheur aujourd’hui, c’est d’avoir la possibilité de fréquenter la BNF (Bibliothèque Nationale de France, site François MITTERAND) le centre Beaubourg, les grandes librairies parisiennes situées dans le Boulevard Saint Michel, la place de la Sorbonne, j’en passe.

Je serai triste de me couper de cet environnement qui m’est devenu absolument nécessaire. J’évolue, certes, dans un contexte qui ne m’offre pas un travail intéressant, comme celui d’enseigner la philosophie à l’université. La vie est faite de reconversions et d’adaptations. Je ne suis pas heureux, mais, je ne ressemble pas à un malheureux. Je ne suis pas convaincu que la configuration actuelle de l’Université de Nouakchott m’offrirait des perspectives d’enseignement. J’ai fait le deuil de cette opportunité qui m’inscrirait plus dans des logiques de confrontation, de frustration et, assurément d’humiliation.

J’ai fait le choix de la culture, de la lecture, de la haute culture, celle qu’on acquiert en fréquentant les grands penseurs, les grands écrivains et les grands philosophes. N’étant pas si doué, je préfère consacrer ma vie à lire, à écouter ceux et celles qui ont acquis une certaine grandeur, dont certains sont au pays. Je suis une subjectivité universelle humaine, mon pays est l’universel ; s’il y avait une nationalité philosophique, je n’hésiterais pas une seconde, à l’obtenir. C’est la seule chose au monde qui, vraiment, me passionne.

Mais, je ne renoncerai pas à mon pays, parce que c’est mon pays, il n’appartient pas plus à ceux qui veulent nous le faire croire ou à ceux qui y vivent. Voyager fait partie de l’attribut de l’humain. Nous sommes tous des migrants. La migration est constitutive de l’humaine condition. Je suis fils d’immigré qui a très peu vécu en Mauritanie. Le parcours de migrant fait partie de mon héritage.

Je m’efforce de ne pas tomber dans la facilité du sentimentalisme, du fatalisme et de la nostalgie. Je suis en voyage pour engranger ce que je n’ai pas pu avoir dans mon pays, y compris le respect de la vie et de la dignité. Je ne me reconnais aucun mérite, mais je resterai socratique : « je sais une chose, c’est que je ne sais rien ». Je ne me consolerai pas d’avoir obtenu des diplômes ; je n’en tire aucune fierté, c’est plutôt de l’humilité que j’en retire tant j’ai rencontré des hommes et des femmes qui en savent et de loin plus que moi. J’ai l’impression de ne rien savoir, c’est pourquoi, je ne suis pas du genre à me gargariser de peu et à jouer les savants.

Je me bats tous les jours pour faire reculer en moi, la médiocrité, l’ignorance et l’arriération. Je vis dans un pays qui m’offre la possibilité de m’épanouir humainement et spirituellement. Je vais en profiter au plus grand maximum. Je ne suis pas un intellectuel, mais un lecteur passionné et rigoureux, parce que je prétends être philosophe, je suis fasciné par les lumières et révolté contre l’obscurantisme.

Je ne suis pas à l’heure du bilan. Je suis plutôt, dans la conquête et la quête des outils conceptuels en vue d’être chaque jour, moins ignorant. Si Dieu nous prête vie, je ferai mon bilan vers soixante cinq ans. Je ne suis pas sûr d’écrire des mémoires ou une autobiographie, mais je me débrouillerai pour raconter mon pauvre et insensé parcours de vie.

J’espère n’avoir pas fait preuve d’intellectualisme, ni d’exaltation de soi. Vigilance, je suis très en forme ! La prochaine fois, certainement, à l’occasion de la mise en place du nouveau gouvernement, je vais renouer avec mon style habituel, celui de la complexité et de l’ambiguïté de la réflexion et de la structuration argumentative à forte teneur conceptuelle. N’en déplaise aux aigris caractérisés par la hargne et l’hostilité, empêtrés dans leur lourdeur de nostalgiques inconsolables, en retard par rapport à leurs objectifs et à leur projet !

SY Hamdou Rabby

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