vendredi 14 août 2009

Les chefs d'état-major mobilisés contre al-Qaïda au Maghreb

Algérie / Sahel

Les chefs d'état-major mobilisés contre al-Qaïda au Maghreb

par RFI

Article publié le 13/08/2009 Dernière mise à jour le 13/08/2009 à 14:23 TU

« Examiner ensemble les voies et les moyens de consolider la coopération autour d'une lutte commune contre la criminalité qui sévit au niveau des bandes frontalières, et plus particulièrement le terrorisme ». Tel est l’objectif de la réunion des chefs d’état-major des armées d'Algérie, de Mauritanie, du Niger et du Mali, réunis à Tamanrasset, dans le sud algérien, depuis le 12 août et jusqu'à ce jeudi. Si les pays de la région n'ont aucun intérêt à voir la situation se dégrader, la coopération régionale en matière de renseignement et de sécurité, risque toutefois de se heurter à certaines réticences.


Le chef de l'état-major de l'Armée nationale populaire algérienne, Ahmed Gaïd Salah.(Photo : AFP)

Le chef de l'état-major de l'Armée nationale populaire algérienne, Ahmed Gaïd Salah.
(Photo : AFP)

La réunion se déroule au siège de la sixième région militaire algérienne de Tamanrasset qui abrite aussi une base secrète de l'armée américaine, spécialisée dans l'écoute et la reconnaissance électronique. L'Algérie qui se présente comme la tête de pont de la lutte contre le terrorisme dans la bande sahélo-saharienne, cherche à entretenir des rapports de bon voisinage stratégique avec la Mauritanie, le Niger et le Mali, au moment où l'AQMI, al-Qaïda au Maghreb islamique, revendique plusieurs enlèvements et attaques visant des intérêts occidentaux.

Cela dit, si l'Algérie apporte par exemple, un soutien logistique à l'armée malienne, les choses ne sont pas si simples entre les deux pays, comme l'explique Mehdi Taje, chercheur associé à l’Ecole militaire de Paris : « Les Maliens reprochent aux Algériens de pouvoir soutenir et armer certaines factions de la dissidence touareg pour lutter contre les membres de l’AQMI, et les Maliens sont, entre guillemets, montrés du doigt par les Algériens du fait qu'ils puissent abriter des membres de la branche saharienne de l’AQMI. Donc, dire qu’ils iront vers une coopération étroite, que les services de renseignement vont s’échanger l’ensemble de leurs données, ce n’est pas vrai, je n’y crois pas ».

La France, elle, a promis de soutenir matériellement l’armée malienne. De leur côté, les Etats-Unis ont rappelé récemment qu'ils souhaitaient toujours installer le siège de l'AFRICOM, le commandement du Pentagone pour l’Afrique, dans un pays de la zone sahélienne.

RFD : Communiqué.

Le gouvernement qui vient d’être nommé par le régime en place n’est point celui auquel s’attendaient les Mauritaniens, en vue de faire face aux défis qui les interpellent, à savoir :

- La situation économique et sociale désastreuse matérialisée par la banqueroute de l’Etat du fait d’une année de régime militaire,
- La hausse des prix à la veille du mois béni de Ramadan, alors que les citoyens s’attendent en pareille circonstance à ce qu’on leur porte assistance,
- La situation sécuritaire dangereuse dont le dernier acte est l’attentat suicide perpétré à Nouakchott le 8 Août 2009.

Il s’agit d’un gouvernement dont certains membres, y compris le Premier ministre, siégeaient au gouvernement issu du coup d’Etat, incapable, une année durant, de trouver des solutions à ces problèmes.

Cette même équipe est responsable de l’utilisation des moyens civils et militaires de l’Etat au profit de la campagne du général Mohamed Ould Abdel Aziz, en flagrante violation de la lettre et de l’esprit de la constitution et des lois de la République.

Elle a également fait fi des revendications légitimes de l’Opposition, formulées à l’issue du scrutin contesté du 18 juillet. Les figures les plus marquantes du nouveau gouvernement ont été choisies sur des bases de clientélisme, en guise de récompense pour services rendus lors des dernières élections.

Nouakchott, le 13 Août 2009
La Direction de la Communication du RFD


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Pour la première fois, un kamikaze "made in Mauritania"

Pour la première fois, un kamikaze Pour la première fois, un kamikaze "made in Mauritania" © AFP

Le premier attentat suicide survenu, le 8 août, à Nouakchott, la capitale de la Mauritanie, rend désormais incontestable la menace terroriste dans ce pays.

Le 8 août, vers 19 heures, une déflagration a retenti dans le crépuscule qui commençait à envelopper Nouakchott. Immédiatement, un attroupement s’est formé aux abords de l’ambassade de France, une bâtisse protégée par de longs murs située à Tevragh Zeina, un quartier chic de la capitale mauritanienne. Il suffisait d’un coup d’œil à travers le cordon de sécurité pour comprendre : un kamikaze, dont le corps déchiqueté en trois morceaux devait plus tard être montré en boucle à la télévision, venait de se faire exploser à deux pas de la chancellerie française.

C’est la première fois que la Mauritanie est frappée par un attentat suicide. Depuis 2005, le pays connaît une série noire d’attentats terroristes : attaque d’une patrouille militaire à Lemgheity, dans le Nord du pays, en juin 2005, qui a fait 15 morts ; meurtre de quatre touristes français, en décembre 2007, à 250 kilomètres au sud-est de Nouakchott, qui a entraîné l’annulation du Rallye Paris-Dakar ; carnage qui a coûté la vie à onze militaires ainsi qu’à leur guide en septembre 2008 en plein désert ; assassinat d’un Américain dirigeant une ONG, le 23 juin dernier, dans une rue de Nouakchott : aucun de ces actes attribués à Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI) - ou à son ancêtre, le Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC) - n’a été commis par un kamikaze.

Menace d'un nouveau genre

L’attaque du 8 août est donc un tournant et aggrave la menace qui plane sur Nouakchott. Parce qu’ils sont prêts à mourir pour Dieu et le salut de leur âme, les kamikazes sont redoutables. Rien ne semble pouvoir les arrêter. La Mauritanie est-elle armée pour les contrôler ?

Il a été longtemps tabou d’affirmer que des cellules terroristes islamistes évoluent en Mauritanie. Aujourd’hui, les autorités le reconnaissent. C’est un premier pas et une condition sine qua non pour affronter le danger. Mais les forces de sécurité font encore pâle figure. Selon une source, il arrive même qu’elles soient infiltrées par des éléments d’AQMI. Et surtout, tous les observateurs le reconnaissent : la pauvreté, qui touche un Mauritanien sur deux, est un terreau idéal pour des dignitaires d’un mouvement terroriste en quête de jeunes recrues isolées, malléables, faciles à embrigader et prêtes à se faire exploser pour un paradis rêvé.

Identité floue

L’identité du kamikaze du 8 août - la seule victime - n’est pas encore claire. Une carte d’identité a été retrouvée parmi ses vêtements en lambeaux : celle d’un Haratine de 22 ans. Parmi les trois communautés qui composent la société mauritanienne, celle des Haratines, les descendants d’esclaves, est très démunie. Selon d’autres sources, les papiers que le kamikaze portait sont ceux d’un camarade recherché par la police qu’il aurait voulu protéger en le faisant passer pour mort. En revanche, le ministère de l’Intérieur semble être fixé quant à sa nationalité mauritanienne.

Pauvre, riche, illettré, éduqué… Quelles qu’elles soient, les conclusions de l’enquête sur l’identité du kamikaze ne dissiperont pas cette certitude désormais partagée en Mauritanie: le terrorisme est une menace grandissante dans le pays.

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